
Il ne voulait pas au début, … mais il avait fini par céder. Il avait remonté le manche de son pull pour découvrir un avant bras couvert de lésions cutanées vésiculaires surmontées de croûtes.
10h30 au service de dermatologie du CHU de Mustapha pacha. Moi, je découvre les couloires et les salles d’hospitalisation des patients. Après un TD « théorique », la résidente qui nous chapotait avait décidé de nous faire une visite histoire de connaître les patients du service et de savoir les maladies dont ces derniers souffraient.
J’étais très curieux quand j’ai franchi avec mon groupe d’externe la porte de la salle numéro trois. Timmy, le petit garçon tout timide était sur son lit et regardait la foule de toubibs arriver en sa direction, ses yeux reflétaient une inquiétude mêlée à un inconfort incertain. Il ne savait pas s’il devait sourire poliment ou garder cette expression trouble … Timmy avait peur.
Centre d’intérêt des externes, centre de l’auréole humaine qui s’était formée autour de son lit, …Timmy était cerné.
Quand la résidente demande à Tim d’enlever son pull de quoi découvrir son petit torse frêle couvert de lésions aux regards affamés de savoir des externes.
Il ne voulait pas au début, …
La résidente avait bien pris le petit membre fragile pour le mettre en évidence sous les projecteurs oculaires voraces.
Je n’ai pas lâché Tim des yeux, il était tellement gêné, il se sentait nu. Voilà cette peau mutilée par la maladie qu’il essaye de cacher depuis quelques années maintenant exposée à ciel ouvert. Un haut-le-corps l’avais parcouru alors, et avait attirer l’attention de la résidente qui s’était mise en face de lui pour lui dire finalement : « Alors, tu as froid ? »
Timmy : ……… non …
Youkii : NON … Ce n’est pas le froid, c’est vous, c’est nous aussi ! Trop effrontée ou trop pressée peut être pour parler le langage de l’innocence ? Ou même d’essayer de percevoir ces signes. Tim n’était pas frileux, il me l’avait dit, il m’avait sourit.
Quand la conscience ose perturber la confiance de l’innocence … j’ai mal pour Timmy, je le porte dans mon cœur, je le porte dans mon esprit.







