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L'autre facette des médecins
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Cubes passés

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Jeudi 25 Janvier 2007

Je me suis assis et j’ai regardé autour de moi, … juste devant l’endroit ou j’avais posé ma tête pour dormir, un tournesol.

 

 

Il avait poussé le temps d’une nuit ou alors c’est moi qui était resté trop longtemps sur cette colline, … sur ma colline souveraine, … la brume était devenu épaisse, un mûr opaque qui m’empêchais de voir au-delà, Mon destin.

 

 

J’me suis levé ensuite, la tête lourde « pas de commentaire là-dessus ok !! », le pas pesant, … les nuits de l’incertitude sont longues et sombres et je venais d’en passer une. J’ai finalement décidé de tacler le destin, la balle était dans mon camp et il fallait passer à l’attaque.

 

 

Je sais maintenant ce que je veux, … je veux savoir ce qu’il y’a là-bas, je veux foncer et vivre toutes les expériences de la vie, ces bonheurs comme ces malheurs, je veux le faire pleinement. La nuit m’avait porté conseil, et je n’avais plus peur du brouillard. Peu importe ou se trouve le Nord, peu importe de prendre la mauvaise direction, je me perdrai plusieurs fois, mais je finirai par trouver mon chemin.

 

 

J’avais compris aussi que rester sur cette colline affaiblissait ma volonté et exacerbait mes doutes, ce qui était sensé être la pause sage de l’indécision se transformait avec le temps en rouille bloquant mes articulation et rendant toute initiative vouée à l’échec.

 

 

Alors plus de temps à perdre, … j’en ai déjà assez perdu comme ça, Carpe Diem grand frère !

 

 

J’ai foncé alors tête baissée comme un taureau sur le gros nuage terrestre, j’avais la vision d’un cataracteux !!  mais je savais qu’il fallait absolument quitter cette colline.

 

 

Je voulais arriver à … AAAAAAAAAAAA …. Chpafffff.

Mon corps avait profité d’une courte lévitation le temps d’une chute avant de heurter le sol ferme et boueux … et ça fait mal.

 

 

* qui est là ?

 

 

Y_ … aie.. mon bras, … comment ? … ou suis-je ?

 

 

* Youkii … c’est toi ?

 

 

Y_ qui … mais cette voix me dis quelque chose, … Fadie !!!! qu’est ce que tu fais au fond de ce trou ?? !!

 

 

F_ Ben depuis … je t’ai cherché, j’ai essayer de fuir, … j’ai même demandé de l’aide à une sorcière, une nommée Nass … mais .. mais toi, comment, pourquoi, qu’est ce que tu fous là ?!

 

 

Y_ … J’ai perdu la trace du berger, j’étais à la recherche de ce qui allait se passer « mon maktub » et quand j’avais décidé d’aller de l’avant, je touche je fond !

 

 

Y_ Fadie, … donne moi tes mains.

 

 

F_ Comment ?... pourquoi ?

 

 

Y_ Aie confiance.

 

 

Dimanche 21 Janvier 2007

Il y’a deus jours de là, j’ai rencontré sur mon chemin de retour un ami que je n’ai pas vu depuis trois ans, … je n’arrivais pas à croire mes yeux, il s’est dressé devant moi, et je suis resté un bon moment avant de le pendre d’une étreinte chaleureuse. On a pris ensuite le temps d’un café pour apprécier la demi-heure qui précédait son départ. Durant cette dernière, je lui ai posé pleine de questions concernant sa vie privée et professionnelle … trois ans sans la moindre nouvelle, il y’avait de quoi, mais contrairement à tout ce que je pouvais m’y attendre, j’ai reçu deux baffes !! … mon ami réside en France depuis deux ans, … marié et père dans quelques mois…

 

 

Sur le coup j’étais super content pour lui, j’étais même très ému, ... mais après nos au revoirs j’ai retrouvé mon chemin de retour le pas pesant, les méninges en bouillie, le regard lointain.

 

 

Il est des jours ou un incident comme ça, « mes retrouvailles ce jour là », vous renvoie loin … très loin … à la colline du berger.

 

 

Qu’est ce que j’ai réalisé, qu’est ce que je fais, vers où je vais ??

 

 

J’étais à la place du berger qui s’arrête encore une fois avec son troupeau, s’abritant sous l’ombre d’un arbre, sur cette colline souveraine pour darder le passé, et redresser l’avenir. Il regarde alors derrière pour voir la distance qu’il a parcouru, il se remémore la labeur avec laquelle il a traversé et son troupeau ce le passage rocheux de la montagne noire. Puis son regard se pose sur la forêt qu’il a dû traverser pensant écourter son chemin, mais il se souvient qu’il en a perdu deux brebis, et deux jours.

 

 

Il embrasse ensuite la vue, et remercie Dieu pour la santé, … de part ces victoires et ces échecs, il était arrivé à cette colline.

 

 

Il se retourne ensuite vers le Nord et estime le temps qu’il prendra pour arriver à la prochaine étape, les chemins et les sentiers qu’il arpentera … Paolo Coelho avait déjà dressé le décore du voyageur intrépide, ou du berger téméraire et outrecuidant, celui qui traverse le temps à la recherche de son destin, en quête de vérité et de sagesse.

 

 

Moi j’étais sur ma colline, mais il y’avais une brume épaisse, je n’avais pas la limpidité de la vision du berger, je ne savais même pas ou est le Nord ! Comment faire dans ce genre de situation ? Avancer dans le brouillard de ce qui semble incertain ? Ou observer le temps qui passe et s’abandonner au destin « el maktub » ?

 

 

Ourim et Toumim « pierres du destin » sont efficaces pour ce genre de décision, mais elles n’ont aucun effet sur le brouillard !!

 

 

Chui toujours sur ma colline. Je trouverai bien une solution

 

 

 

 

 

 

Lundi 15 Janvier 2007

Il ne voulait pas au début, … mais il avait fini par céder. Il avait remonté le manche de son pull pour découvrir un avant bras couvert de lésions cutanées vésiculaires surmontées de croûtes.

 

10h30 au service de dermatologie du CHU de Mustapha pacha. Moi, je découvre les couloires et les salles d’hospitalisation des patients. Après un TD « théorique », la résidente qui nous chapotait avait décidé de nous faire une visite histoire de connaître les patients du service et de savoir les maladies dont ces derniers souffraient.

 

J’étais très curieux quand j’ai franchi avec mon groupe d’externe la porte de la salle numéro trois. Timmy, le petit garçon tout timide était sur son lit et regardait la foule de toubibs arriver en sa direction, ses yeux reflétaient une inquiétude mêlée à un inconfort incertain. Il ne savait pas s’il devait sourire poliment ou garder cette expression trouble … Timmy avait peur.

 

Centre d’intérêt des externes, centre de l’auréole humaine qui s’était formée autour de son lit, …Timmy était cerné.

 

Quand la résidente demande à Tim d’enlever son pull de quoi découvrir son petit torse frêle couvert de lésions aux regards affamés de savoir des externes.

 

Il ne voulait pas au début, …

 

La résidente avait bien pris le petit membre fragile pour le mettre en évidence sous les projecteurs oculaires voraces.

 

Je n’ai pas lâché Tim des yeux, il était tellement gêné, il se sentait nu. Voilà cette peau mutilée par la maladie qu’il essaye de cacher depuis quelques années maintenant exposée à ciel ouvert. Un haut-le-corps l’avais parcouru alors, et avait attirer l’attention de la résidente qui s’était mise en face de lui pour lui dire finalement : « Alors, tu as froid ? »

 

Timmy : ……… non …

 

Youkii : NON … Ce n’est pas le froid, c’est vous, c’est nous aussi ! Trop effrontée ou trop pressée peut être pour parler le langage de l’innocence ? Ou même d’essayer de percevoir ces signes. Tim n’était pas frileux, il me l’avait dit, il m’avait sourit.

 

 

Quand la conscience ose perturber la confiance de l’innocence … j’ai mal pour Timmy, je le porte dans mon cœur, je le porte dans mon esprit.

 

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